Tour de l’ancienne maison seigneuriale de l’abbaye de Clairvaux, 13e siècle
La tour de Champignol est l’unique vestige d’une maison seigneuriale qui appartenait à l’abbaye de Clairvaux. L’abbaye s’étant rendu acquéreur au début du 13e siècle des terres et droits de la seigneurie de Champignol, par achats ou dons, elle décida de les mettre en valeur par plusieurs établissements dont des granges et une maison seigneuriale. On trouvait dans cette dernière un corps de logis, une grange pour conserver les récoltes faites sur les terres dépendant de la maison et pour entreposer les redevances, ainsi qu’une écurie, un pressoir et un four banal.
L’élément marquant des lieux était la tour qui représentait le symbole de la puissance seigneuriale. Elle a été édifiée dans les années 1220-1230 pour servir de prison ainsi qu’en témoignent les deux portes de sa face sud qui ne s’ouvraient que depuis l’extérieur. La fonction carcérale qui est attestée jusqu’en 1700 a dû disparaître au cours du 18e siècle lors de la construction d’un auditoire au sein même de l’abbaye.
Elle mesure une dizaine de mètres jusqu’au faîtage et présente un plan carré de 7 mètres de côté. Elle est bâtie en moellons calcaires avec chaînes d’angle en pierre de taille. Ses faces sont orientées aux quatre points cardinaux et elle comporte trois niveaux :
– une cave voûtée en plein-cintre vraisemblablement creusée aux 18e ou 19e siècles
– un rez-de-chaussée accessible par une porte à arc surbaissé s’ouvrant par l’extérieur avec système de condamnation par poutre coulissant à l’intérieur du mur. Sa face ouest est percée d’une baie étroite à ébrasement intérieur et un escalier tournant en bois récent permet l’accès à l’étage
– un étage qui comporte des baies identiques à celles du rez-de-chaussée dont certaines obturées et des latrines en encorbellement avec leur banquette d’origine, et la face sud une porte étroite qui s’ouvrait à l’origine depuis l’extérieur.
L’ensemble est couvert par une charpente à double enrayure couverte en tuile plate.
La tour de Champignol est la seule conservée pour le 13e siècle sur les possessions seigneuriales de l’abbaye de Clairvaux et, de par sa fonction carcérale, est unique dans la région. Ce type de tour est également très rare à l’échelle nationale.
Devant l’intérêt patrimonial évident de cette construction, le service des Monuments historiques a procédé à son inscription sur la liste supplémentaire des Monuments Historiques le 26 avril 2010.
Eglise Saint Laurent, 18e siècle
L’ancienne église de Champignol-lez-Mondeville se situait au même emplacement que l’actuelle mais elle était, comme de coutume, orientée, c’est-à-dire que son chœur était dirigé vers l’est.
La communauté villageoise décida en 1756 la réédifier et fit appel à l’architecte de Chaumont François Maupérin pour en donner les plans et devis.
Le chœur relevant de l’abbaye de Clairvaux en sa qualité de décimateur (collecteur des dîmes soit l’impôt en nature prélevé sur les productions agricoles), les religieux firent également dresser plans et devis pour cette partie.
Les travaux de gros-œuvre de la nef débutèrent en 1764 sous la conduite de l’entrepreneur Aubert de Clairvaux et s’achevèrent l’année suivante. Vinrent ensuite ceux de l’aménagement intérieur par l’installation du mobilier. En 1765 furent ainsi commandés au serrurier Leseurre de Clairvaux l’appui de communion fermant le chœur et, le surplombant, la poutre de gloire, tous deux en fer forgé. On fit également marché avec le sculpteur langrois Jayet pour les deux autels latéraux et la chaire à prêcher qui furent livrés en 1769.
L’édifice étant terminé et apte à accueillir les célébrations du culte, Jean Antoine de Nogent, vicaire général de l’évêque de Langres, procéda à sa bénédiction le 14 avril 1771 en présence du curé Pernet et de Joüet, doyen de Bar-sur-Aube.
Un élément important du mobilier vint par la suite compléter l’ameublement. Il s’agit du retable du maître-autel dont l’abbaye de Clairvaux fit présent à la communauté en 1778. La même année on réalisa la croix de mission en bois située à l’extérieur, à gauche du clocher.
L’édifice se compose d’une nef de cinq travées à trois vaisseaux d’égale hauteur voûtés d’arêtes et d’un chœur également voûté d’arêtes à un vaisseau droit et abside à trois pans.
Outre les éléments mobiliers de grande qualité cités ci-dessus, l’église de Champignol recèle près d’une soixantaine d’œuvres dignes d’intérêt.
Parmi celles-ci la plus intéressante est le tableau du maître-autel représentant La Lactation de saint Bernard réalisé vers 1640 qui est une copie interprétative d’un tableau de 1511 par Fra Bartoloméo et qui provient de l’abbaye de Clairvaux. De cette même abbaye, et portant ses armoiries, vient aussi le pied de l’aigle-lutrin du 18e siècle.
Le clocher de l’église Saint-Laurent comporte six cloches.
Mairie
La construction de la mairie-lavoir de Champignol-lez-Mondeville a été décidée par le conseil municipal le 20 février 1832 en remplacement de l’ancien lavoir situé au même emplacement. Les devis et plans pour sa réalisation ont été établis le 25 avril 1833 par l’architecte Fauconnier de Bar-sur-Aube.
Le bâtiment se composait d’un étage occupé par la mairie et d’un rez de chaussé utilisé comme lavoir qui pouvait se transformer en halle pour les foires, aujourd’hui transformé en secrétariat de mairie.
Pierre Riel, Marquis de Beurnonville, Maréchal de France
Pierre Riel, marquis de Beurnonville, fut général de la Révolution française et de l’Empire puis maréchal de France sous la Restauration.
Il nait le 10 mai 1752 à Champignol dans une famille modeste de charron et de paysan. Après des études au collège de Bar-sur-Aube, Pierre Riel était destiné par ses parents à une carrière ecclésiastique. Dom Rocourt, prieur de Clairvaux, avant d’en devenir l’abbé en 1780, lui mit le pied à l’étrier en lui permettant d’accéder au séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet. L’uniforme militaire le faisant rêver bien plus que la soutane, il s’engage dans la gendarmerie en 1766.
Sa carrière se poursuit en mer en 1774 dans l’escadre du bailli de Suffren puis dans un régiment colonial où il participe aux campagnes de l’Inde. Pendant qu’il est à Saint-Denis de l’île Bourbon, le 27 octobre 1778, il épouse une riche veuve créole, Geneviève Gillot L’Étang.
Après être rentré en France où il reçoit la croix de Saint-Louis, il gravit rapidement les échelons de la hiérarchie en devenant colonel lieutenant de la compagnie des Suisses du comte d’Artois en 1788, colonel d’infanterie en 1789 et commandant de la Garde Nationale du canton de Longchamp en 1790. Afin de rendre hommage à cette réussite, sa commune natale lui offre le pâtis de Beurnonville, nom qu’il attachera désormais au sien.
Il participe à l’armée du Rhin en tant qu’aide de camp puis à celle du Nord en 1792 où il est nommé maréchal de camp. Chargé de la défense du camp de Maulde, il s’illustre brillamment en résistant plusieurs
mois à des forces supérieures, ce qui le fait surnommer l’Ajax français par le général Dumouriez. Son ascension est dès lors fulgurante puisqu’il est nommé lieutenant général le 22 août 1792, puis général en chef le 9 novembre suivant et contribue à repousser les Prussiens à Valmy et prend une part active dans la bataille de Jemmapes. Nommé commandant en chef de l’armée du Luxembourg et de la Moselle à la fin de 1792, il conquiert Arlon et le Luxembourg.
Il est nommé ministre de la guerre le 4 février 1793 par la Convention qui le charge le 1er avril d’aller procéder à l’arrestation de Dumouriez, mais c’est finalement ce dernier qui le fait arrêter et le livre aux Autrichiens qui l’emprisonnent durant 30 mois. Il est ensuite échangé contre Marie-Thérèse de France, la fille de Louis XVI et Marie-Antoinette, le 3 novembre 1795. Il revient rapidement aux affaires en étant nommé adjoint au ministre de la guerre, puis commandant de l’armée du Nord et de Batavie. En 1803, il fait l’acquisition du château de Balincourt à Arronville (95). En 1805, il épouse Félicité-Louise-Julie-Constance de Durfort (1782-1870).
Favorable au coup d’État de Napoléon du 18 fructidor, ce dernier le nomme ministre plénipotentiaire à Berlin, puis grand officier de la Légion d’honneur en 1804, Grand-croix de l’Ordre de la Réunion, sénateur en 1805 et comte de l’Empire en 1808.
Il vote la déchéance de l’Empereur en avril 1814 et devient ensuite Ministre d’État le 13 mai 1814 dans le gouvernement de Talleyrand. Pair de France puis Grand-croix de la Légion d’honneur mais, fidèle à Louis XVIII, il doit suivre ce dernier à Gand lors des Cent-Jours. Il est nommé au Conseil privé du roi le 19 septembre 1815, Maréchal de France le 3 juillet 1816, Marquis en 1817 et Chevalier de l’ordre du Saint-Esprit en 1820.
Pierre Riel de Beurnonville s’éteint à Paris le 23 avril 1821 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Son nom figure sur la face nord de l’Arc de triomphe de l’Étoile de Paris.
Céline et Nicolas COTTIN
Cette demeure était la maison familiale de Céline Cottin dont le mari, Nicolas, était valet de chambre à Paris chez le père de Marcel Proust. A la mort des parents de ce dernier, Nicolas et Céline entrèrent au service du célèbre écrivain entre 1907 et 1914, lui en tant que valet de chambre et elle comme gouvernante.
Céline raconta plusieurs fois à la presse la vie monacale que leur maître à la santé fragile menait et leur faisait endurer dans l’appartement du 102 boulevard Haussmann à Paris. Proust vivait en effet continuellement dans son lit, ne prenant qu’un seul repas, toujours identique, à 21h et ne sortant qu’une seule fois par mois à l’extérieur. L’atmosphère surchauffée était constamment envahie de fumigations à l’opium que Proust inhalait pour s’aider à dormir. Comme ce dernier écrivait essentiellement la nuit, cela obligeait ses employés à se coucher vers 4h du matin.
Céline quitta le service de son maître suite à un retard de trois heures que Proust ne supporta pas. Nicolas quant à lui resta jusqu’à sa mobilisation au front d’où il ne revint pas ayant contracté une pleurésie, dont Céline pensa qu’elle avait été consécutive à l’ambiance surchauffée de l’appartement parisien.
Marcel Proust appréciait les Cottin et leur écrivait souvent des petits mots pour les remercier.
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